Private Equity #3 – Quelle expérience ?
February 2021
Dans le précédent épisode de cette série, nous avons présenté les différentes manières d’accéder au non coté. L’investissement via un fonds nourricier (FPCI, FPS) ou un fonds de fonds pour les investisseurs avertis reste la solution privilégiée pour accéder aux meilleures expertises du capital investissement. L’objet de cet article est de décrire l’expérience d’un investissement dans un fonds de private equity et notamment ce que l’on appelle la courbe en J.
Rappel : Nous nous concentrons dans cette série sur les solutions de qualité institutionnelle qui présentent des performances beaucoup plus attractives que les solutions de défiscalisation type FCPI, FIP…
L’expérience de la courbe en J
Lorsque le souscripteur s’engage à investir dans un fonds de private equity, il ne verse pas la totalité de son engagement à l’ouverture du fonds, mais au fur et à mesure en fonction des appels de capitaux. En effet, le fonds va acquérir, gérer et vendre les sociétés et/ou des actifs pendant sa durée de vie. Généralement, la période d’investissement est de 3-6 ans. La sortie de l’entreprise se fait après une détention de 3-5 ans, période pendant laquelle le fonds va accompagner l’entreprise dans sa stratégie de croissance.
Le fonds appelle les capitaux uniquement lorsqu’il effectue ses investissements et pour faire face à ses frais.
Ainsi, le souscripteur va faire l’expérience de ce qu’on appelle « la courbe en J ». Dans la plupart des cas, par le jeu du réinvestissement via le fonds du produit des cessions des sociétés de portefeuille, le souscripteur ne versera qu’entre 60 et 80% de son engagement net des remboursements (soit le cumul des versements nets).
Le fonds supporte au départ les frais de gestion et les investissements initiaux sans percevoir de revenus. Les flux de trésorerie sont donc dans un premier temps négatifs, puis à mesure que les investissements portent leurs fruits, la courbe commence à se redresser pour finalement atteindre le point mort. Typiquement l’équilibre peut être atteint au cours de l’année 7. A cette date, les premières cessions et les revenus annexes auront théoriquement compensé les frais d’investissement et les montants investis.
Ainsi, la performance d’un investissement dans un fonds de private equity va être tributaire bien évidemment de la qualité de la sélection des entreprises mais également du rythme de déploiement des capitaux et de sortie. Ainsi, le gérant du fonds de private equity devra être évalué à la fois sur sa capacité à sélectionner les entreprises ayant un fort potentiel de croissance, à accompagner le management de l’entreprise dans les stratégies de croissance mais également à sa capacité à « sourcer » les entreprises et à trouver les voies de sortie (réseaux de repreneurs, cotation en bourse,…).
Le gérant du fonds lui va rechercher à générer de fortes performances (TRI) ainsi que des multiples du capital investi élevés. Nous reviendrons sur ces termes dans notre prochain article dédié au private equity.
Il apparait également que pour optimiser la performance de son engagement l’investisseur aura tout intérêt à ne pas « laisser dormir » les capitaux non appelés et les investir de manière adaptée afin de ne pas subir un coût d’opportunité lié au fait que l’intégralité des capitaux ne servent pas immédiatement. Bien évidemment, la gestion du risque sur l’investissement de ces capitaux doit être fine car si la valeur de ces capitaux baisse à terme l’investisseur devra « remettre au pot » pour respecter son engagement. A ce titre, cette gestion des capitaux non appelés mérite une gestion professionnelle afin d’éviter les mauvaises surprises.
Une exposition constante en private equity demande des engagements réguliers
En raison de cette courbe en J, si l’investisseur réalise un engagement sur un seul fonds, sur les dix prochaines années, il ne sera pas exposé à hauteur de son engagement sur l’ensemble de la période. En effectuant des engagements réguliers à des fonds de private equity, le portefeuille va alors s’autofinancer car les capitaux appelés du nouveau fonds souscrit pourront provenir des distributions des précédents fonds souscrits.
Kermony Office est membre de France Invest, l’association pour la croissance et profite de l’ancrage de sa société sœur Kermony Capital pour vous donner accès à des expertises de premier plan sur le non coté
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Définition des termes employés
Engagement : Les engagements sont effectués lors du « closing » du fonds ; il s’agit d’une obligation financière d’un investisseur d’apporter le montant capital déclaré
Capitaux appelés : capitaux apportés issus de l’engagement de l’investisseur pour l’investissement du fonds dans les entreprises, les dépenses opérationnelles et les frais de gestion. Les capitaux sont appelés au fur et à mesure des besoins au cours de la période d’investissement (1-6 ans)
Distributions : Cash ou capital remboursé aux investisseurs à partir d’un investissement totalement ou partiellement réalisé. Les distributions aux investisseurs sont effectuées au fur et à mesure de la réalisation des sorties (années 3 à 10) avant que l’intégralité de l’engagement soit appelé.